Essai longue durée : Husqvarna Vitpilen 701

jeudi 15 novembre 2018
par  Hervé
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La suédoise est en forme !!

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Il y a quelques mois, chez nos potes de chez KTM j’avais découvert un étrange engin. Au milieu de la famille orange il y avait une sorte de bitza, fruit de la copulation entre une suédoise à poitrine opulente et d’un montagnard avec des bretelles, une machine improbable qui attirait instantanément le regard, l’Husqvarna Vitpilen 701.
Il me fallait une machine pour aller balader en ce début Novembre, j’ai de suite pensé à elle. Chez Husky l’idée leur a plu, ils n’ont pas hésité une seconde à me confier la moto, voici donc le compte rendu de ce test.

NDR : Mon pote Andreas est en train de construire une bécane, son objectif est qu’elle ne dépasse pas 140 kg ! Comme sa base moteur est le bicylindre de chez Guzzi, je vous laisse imaginer le niveau de dépouillement de la bestiole .. eh bien là, avec cette Vitpilen, nous en sommes à un stade équivalent, la technologie et le design en plus. Vous voulez un café racer, eh bien vous en avez là la concrétisation.

Première vue …

Lorsque l’on veut décrire cette moto c’est simple … Moins de 170 kg tous pleins faits pour 75 CV, le reste n’est que du superflu, toutefois, telle que je vous connais, vous allez vouloir que je vous la détaille.

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La Vitpilen 701 ne laisse personne indifférent, c’est le moins que l’on peut dire. En une petite dizaine de jours j’ai du être interpellé par une bonne trentaine de curieux désireux de savoir de chez qui sortait cet étrange engin. La rencontre la plus marrante fut celle avec la police municipale d’une charmante ville côtière, je les double et ils me l’ont fait Starky et Hutch, avec sirène et appel de phare … Il faut dire que chez Husky ils l’ont joué discrets, en effet, sur la Vitpilen, la marque ne figure que sur certains petits endroits, il y a plus de ciblage sur leurs tronçonneuses ou leurs tondeuses à gazon.

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Deux roues, un cadre treillis minimaliste, une fourche, un phare, une selle et un monocylindre, voili voilou le résultat des courses. C’est marrant, on a l’impression qu’il en manque un bout tant l’espace entre le cul de selle et le porte plaque est important. En fait c’est un vrai pousse au crime cet appendice qui, bizarrement, sert aussi de support pour les clignos, il faut donc se le fader alors que l’on a instantanément envie de le benner.
Le 690 est liquide, et là ça se voit .. le designer n’a pas été influencé par le cx de la bécane tant ce radiateur se fait remarquer. Vous me direz il est bien utile en hiver ou quand il rince car on arrive facilement, en serrant les guibolles, à les mettre bien à l’abri derrière. A part cela je vous laisse imagine le montant de la note à la moindre glissade !!
Cette machine est un exercice de style que l’on aime ou que l’on déteste mais qui ne laisse pas indifférent. Avec le mono 690 de chez KTM, ses 75 bourriques, son couple limite divorce, son appétit d’oiseau et sa patate d’enfer, la Vitpilen 701 a trouvé le berlingue qui lui sied parfaitement et comme depuis 2013 Husky appartient à Katoche les prix de revient sont largement diminués.

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Pourtant le point d’orgue de cette machine ce n’est bizarrement pas le moteur, c’est son réservoir .. je me vois bien le poser comme œuvre d’art sur le buffet de mon salon tant il est magnifiquement dessiné. Au point de vue utilitaire il contient à peu prés une douzaine de litres, ce qui est largement suffisant car, même si vous arriviez à faire les 300 bornes d’autonomie qu’il vous assure, vous auriez les poignets et le derche tellement en vrac que ce n’est pas le plein que vous iriez faire mais une séance de kiné.
A part cela, la brelle est dans l’air du temps, ABS déconnectable, contrôle de traction, accélérateur « ride by wire », shifter « up and down », tableau de bord digitalisé et éclairage absolument génial.
Quand il faut stopper la bête vous pourrez compter sur le mono disque avant de 320 mm, progressif, ultra performant et surtout endurant. En ce qui concerne le ralentisseur postérieur, je me croyais revenu bien des années en arrière, il ne sert que pour asseoir la moto en entrée de courbe.
La finition de la moto est absolument remarquable et on se prend à chercher la faute de goût, vous me direz il faut bien justifier le prix de l’outil.
Ma passagère fut courageuse, elle a tenté l’expérience sur une centaine de kilomètres et, même si elle fut enchantée par les vibrations de l’engin, elle a regretté le manque de préhension du revêtement de la partie passager.

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Bon, et si on roulait un peu :

On n’a pas besoin d’un escabeau pour grimper mais elle n’est pas spécialement faite pour les nains, il faut dire que si vous avez des nageoires à la place des bras vous aurez du mal à trouver les demi-guidons qui sont aux antipodes. Une fois que l’on est bien en appui sur les poignets, on devine de suite qu’au delà de 100 bornes cela va conférer à la séance de torture, En position on cherche d’abord le bout du levier d’embrayage qui manque mais on se surprend à apprécier le fait que, de suite, on fait complètement corps avec la machine et qu’entre le dessin du réservoir et l’empattement du radiateur on arrive à trouver une certaine protection ..
Sous le pif on découvre un gros ensemble compteur plus plein d’autres trucs plus ou moins lisibles qui doivent surement servir à quelque chose. Quand j’ai eu chaussé mes lunettes j’ai vu que l’on pouvait y découvrir le rapport engagé, le kilométrage restant avant de pousser et, en anglais, le fait que j’avais oublié de rentrer la latérale ..

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Contact, le mono s’ ébroue sans hésitation et, dès les premiers tours de roues, on se rend compte que la moto ne va être l’antithèse d’une enclume.
Certes en dessous de 2000 tours cela cogne un peu mais il suffit de rajouter un filet de gaz pour éviter que les molaires ne se déchaussent.
Le sélecteur tombe bien sous le peton et comme, en plus, on n’a même pas besoin d’ actionner le levier d’embrayage, la douceur et la précision de la boite font que la conduite, même au cœur d’un embouteillage, ne se révèle absolument pas galère. A part cela on arrive facilement la case prison, sans aller chercher les rapports les plus élevés. J’ai découvert au bout d’un moment que le machin qui se baladait sur la gauche de l’écran était le compte tours .. de toute façon il ne sert pas à grand chose, avec cet engin il faut conduire à l’ancienne, tout à l’oreille et à la vista .. en s’en tapant allègrement de leurs limitations à la c.. !!

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Sur route …

Si je peux vous assurer d’un truc c’est que cet outil est complètement inapproprié à l’usage sur autoroute .. mais vous vous en seriez douté !!

On en revient donc aux choses sérieuses, la balade sur départementales tortueuses …

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C’est bien là que la bestiole trouve un terrain propice à l’expression de son caractère bien trempé. Un train avant d’une neutralité et d’une précision absolument géniales, des suspentes qui absorbent tous les défauts de la route sans pour autant perturber la trajectoire de la moto et un excellent accord entre fourche et combiné .. la moto pardonne beaucoup et je l’avoue on se régale à enchaîner à une allure .. voir plus haut !!
On jongle facilement avec la boite, oubliant totalement l’embrayage grâce à ce shifter décidément bien pratique et le monocylindre se révèle peu avare en reprises et lorsqu’il se met à hurler on a vraiment l’impression de driver une super sportive. J’avais la banane en conduisant vous dire combien j’appréciais la bestiole .. je m’amusait même à piloter ( oui, je sais !! ) … pour peu que les épaules pivotent autour du poste de conduite et que les jambes enserrent parfaitement le réservoir, au moindre appui sur les cale-pieds la moto rentre en trajectoire au rythme de l’enchaînement des virages, plus facile il n’y a pas. Cela a duré une centaine de bornes car après je faisais moins le fier avec mes poignets en vrac et mon séant en compote .. mais que voulez vous, quand on aime, faut savoir souffrir et comme la case plaisir a dominé largement celle de l’inconfort eh bien pendant dix jours je me suis régalé à multiplier ces séances de torture, un vrai sado-maso.

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Et alors, docteur ?

La selle, directement taillée dans quelque pin scandinave se révèle, à l’instar de la majorité des « café racer », juste assez confortable pour aller d’un troquet à un autre. Si on rajoute à cela l’appui direct, bras bien tendus, sur les demi-guidons on se rend rapidement compte rapidement que faire du grand tourisme avec la Vitpilen 701 c’est vraiment être joueur. Vous allez me dire je m’y suis adapté, prenant juste soin de stopper impérativement tous les 100 bornes afin de reposer les parties prenantes !! Ce fut pareil pour ma passagère qui fit bon gré mal gré avec l’assise hyper glissante et surtout avec le sac à dos indispensable pour espérer le soir ne pas se balader en civil !!

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Il est vrai que pour faire plus minimaliste que sur cette machine il faut se lever de bonne heure. Je n’ai même pas osé soulever la selle ni même songé à attacher quoi que ce soit sur elle même en solo. Il est quand même utile de savoir qu’au catalogue Powerpart de chez Husky il y a un kit valise, une sacoche arrière et une autre de réservoir mais que voulez vous j’imagine la gueule de la machine affublée de ces accoutrements, c’est un coup à donner des vapeurs au designer. Ah au fait, j’ai oublié de vous parler des oreilles de Mickey qui servent de rétro et qui vibrent tellement qu’on se demande vraiment à quoi ils servent sinon à gâcher l’ensemble .. Monsieur Husky pourquoi n’as tu pas monté d’origine ceux d’embouts de guidon qui sont à la fois très esthétiques mais certainement bien plus efficaces.

Et si je devais …

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J’ai adoré les réactions des blaireaux qui cherchaient la marque … 701 c’est quoi, c’est chinois ? Ahhhh, les bœufs, le sigle H, tout le monde … qui a regardé les compets d’enduro des années 90 … connait, ah ce n’est pas le cas de tout le monde .. dommage.
Maintenant on prend vraiment conscience que l’union KTM - Husky, loin d’être un mariage de raison est en train d’enfanter de très belles choses, tout à fait dans l’air du temps. Aujourd’hui le litre de carburant vaut plus cher que celui du pinard aussi acheter une moto légère, peu gourmande, facile à conduire, tenant remarquablement par terre, disposant d’un freinage performant, bien propulsée par un moteur au souffle inépuisable, largement capable de suppléer les missiles et les pachydermes, c’est un vrai palliatif à l’alcoolisme.
Cerise sur le gâteau, la Vitpilen 701 rentre dans le créneau de ces machines atypiques, d’un design incomparable, un peu comme celles dessinées par Starck ou par Tamburini, on les achète d’abord pour rouler avec mais quand on en a marre elle font très bien dans un salon.

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Au final, je me suis vraiment régalé à tester cette brelle même si j’ai quand même pas mal souffert physiquement, elle m’a ramené à l’essence même de la moto. Ceux qui vont se gausser de la micro taille de la bestiole, de la quasi impossibilité de faire du tourisme ou de la fatigue inhérente dues à l’inconfort de l’engin, ceux là n’ont surement jamais fait la route des Alpes en 500 mono dans un temps où les radars n’existaient pas .. dommage pour eux !!
Il faut bien vous parler du tarif, la moto n’est pas donnée, mais nous sommes là au vrai stade de l’amour de la moto et quand on aime on ne compte pas !!

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J’ai vraiment aimé :

La gueule
Le mono
La tenue de parquet

J’ai moins aimé :

Les rétros Mickey
La selle passager
La lecture du tableau de bord
Le frein AR un peu léger

Je m’en tape :

Du prix salé
De la souplesse en ville
Et même du confort.

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Fiche technique

Puissance : largement suffisante
Poids : léger
Couple : Parti pour divorcer
Réservoir : Magnifique
Cylindrée : Moins de 701cc
Architecture moteur : Incomparable
Boîte :  6 rapports rapprochés
Suspension avant : Grosse fourche
Suspension arrière : Sous la selle
Frein avant : 33 tours rock and roll
Frein arrière : Microsillon des années folles
Prix : Plus de 7000 litres de 95
Technologie : De pointe
Disponibilité : Faites vous plaisir.

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Hervé


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